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 1er basketeur burkinabè au USA

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MessageSujet: 1er basketeur burkinabè au USA   Lun 28 Aoû - 6:31

Franck Traoré, basketteur aux Etats-Unis : "Je rêve de jouer un jour dans la NBA"


Il est incontestablement le 1er basketteur burkinabè à évoluer dans les rangs de la NCAA aux USA. Il s’appelle Franck Traoré. Sa taille est de 2m03 et son poids 115kg. Il cumule études et basket. Franck pratique un sport de haut niveau, ce qui lui a permis d’avoir cette opportunité de monnayer ses talents au pays de l’oncle Sam.
Il est rentré au pays pour passer ses vacances. Dans l’interview qu’il nous a accordée, Franck parle de sa galère au Burkina et de sa réussite. Il a conclu ses propos en disant que seule la volonté peut amener la réussite.


Le Pays : Comment êtes- vous arrivé au basket-ball ?

Franck Traoré : J’ai commencé à jouer au basket-ball depuis le lycée, à Koudougou. D’abord, je jouais au football et je suis venu au basket, suite à la demande de l’équipe minimes de l’établissement. L’équipe recherchait quelqu’un qui était grand de taille pour faire le pivot. Et moi, j’avais 1m 95 à 15 ans. J’étais donc la personne indiquée pour jouer dans l’équipe. Mais il faut dire que je détestais le basket-ball.
Au fil du temps, je me suis rendu compte que je possédais des atouts, surtout mon physique. Je me suis donc perfectionné à travers les entraînements, les différentes compétitions. Après le BEPC, je suis venu à Ouagadougou, où j’ai joué à l’AS l’ONATEL, l’AS SONABHY et à l’AS SONABEL. C’est surtout avec ce dernier club que j’ai beaucoup appris, disputé mes plus importants matches et remporté des coupes
.

Comment vous êtes-vous retrouvé aux Etats-Unis ?

Ce qui m’est arrivé est une oeuvre divine. Comme tout jeune basketteur, je rêvais de jouer aux USA parce qu’ils ont un sport de haut niveau. J’ai eu la chance, en 2003, de participer à un camp organisé par la NBA en Afrique du Sud. C’était la 1re fois que la NBA s’était intéressée au continent africain. Ce camp avait réuni les 100 meilleurs jeunes basketteurs de l’Afrique. Une grande partie du staff de la NBA était présente à cette rencontre. J’ai compris que c’était une chance pour moi de réaliser mes rêves. Après les 1res compétitions, j’étais parmi les meilleurs. A la fin du dernier match, les organisateurs qui étaient venus des USA m’ont approché pour me proposer leur aide. C’est ainsi qu’ils m’ont fait partir aux USA pour les études. Maintenant, je suis à l’université.

Quand on vous entend parler, c’est comme si les choses ont été faciles.

Les choses ont été très difficiles. A Ouagadougou, on allait à l’entraînement à pied parce qu’on n’avait pas de moto. Je n’avais pas quelqu’un sur qui je pouvais compter. Au départ, les gens se moquaient de moi. Certains me demandaient où est-ce que je voulais aller avec mon basket. Mais ce que je recherchais, les gens ne voyaient pas forcément la même chose. Maintenant, ils ont les résultats.

Comment s’est organisé votre départ ?

Tout a été bien organisé. Après les compétitions en Afrique du Sud, un monsieur de la NBA avait promis de m’aider parce que mon jeu lui avait plu. Ce qui m’ a aussi aidé, c’était le fait que les directeurs du camp ne connaissaient pas le Burkina. Quand ils m’ont vu jouer, ils ont cherché à savoir qui j’étais et d’où je venais. Ils ne comprenaient pas qu’un petit pays comme le Burkina produise un tel joueur car lors du dernier match, j’avais vraiment bien joué. Par la suite, ils sont venus ici rencontrer mon père dans le cadre du contrat.

Quelques semaines après, ils m’ont inscrit dans un high school, c’est-à-dire un lycée, dénommé South Kent school à Connecticut State, aux USA car pour les directeurs de la NBA, le basket va de pair avec l’école. Mon établissement faisait partie des meilleurs de la localité. Ensuite, je suis allé au collège à Dallas, et maintenant je suis à l’université dans l’Etat de New York. Je joue à Manhattan College. Avec ce club, j’ai signé un contrat de 3 ans.

A quel niveau est classée votre équipe par rapport à la NBA et comment s’est-elle comportée cette saison ?

Notre équipe joue en 1re division dans la NCAA qui est le niveau des juniors de la NBA. Tous les joueurs de la NBA sont passés par la NCAA. Et aux USA, il existe des gens qui préfèrent regarder les compétitions NCAA que celles NBA. La NCAA est surtout composée d’étudiants qui pratiquent un sport de haut niveau. Mon club, le Manhattan college, a fait une très bonne saison. Nous étions parmis les meilleurs aux USA parce que nous avons réalisé 20 victoires et 10 défaites. Ces résultats ont permis à notre entraîneur d’avoir un très bon contrat.

Comment s’est passée votre intégration ?

Mon fort, c’est le mental. Je ne connaissais personne aux USA mais je devais bien faire ce pour quoi j’étais venu. Après 13h de vol d’avion je suis arrivé fatigué. Quand je suis descendu de l’avion, j’ai trouvé mon entraîneur qui était venu me chercher. On a encore effectué un voyage d’environ 3h (New york-Connecticut State). C’est finalement à 9h que nous sommes arrivés. J’étais fatigué et j’avais sommeil. Quand nous avons débarqué, j’ai trouvé que toute l’école m’attendait. Tous voulaient voir le 1er Africain qu’on avait introduit dans le progamme de basket. Malgré ma fatigue, j’ai disputé mon 1er match avec le club le jour de mon arrivée. J’ai joué pendant 2 minutes et l’entraîneur a trouvé que c’était bien.
Quant à la langue, je l’ai apprise avec mon cochambrier parce que nous aimions tous regarder les dessins animés. J’ai vite appris l’anglais par son aide.

Ma famille et mes amis me manquaient mais j’avais un objectif à atteindre et c’était le plus important. Mon intégration n’a pas été très difficile.


Quelle suite réservez-vous à votre carrière ?

Je compte obtenir beaucoup de diplômes universitaires. Je suis étudiant en Affaires et relations internationales. Comme je suis issu d’une famille pauvre, ce serait idiot de ma part de ne pas en profiter pour avoir beaucoup de diplômes et je sais que le basket finira un jour.

Si tout va bien, je compte aussi jouer professionnel pendant quelques temps, parce que je suis persuadé que j’ai les potentialités pour le faire. Je sais qu’on apprécie mon jeu et si je continue sur la même lancée j’aurai la chance de jouer à la NBA. Et pour cela, je travaille dur.


Vos propos donnent tout de suite envie aux jeunes de jouer au basket afin d’aller un jou aux USA. Que pouvez-vous leur dire ?

Personnellement, je pense que la meilleure manière d’aller aux USA c’est la manière que j’ai utilisée. Quand je quittais le Burkina, je n’avais pas d’argent en poche. Seul le basket était mon outil de défense parce que je ne connaissais personne aux USA. Dès mon arrivée, j’avais tous les moyens à ma disposition pour bien travailler. Ce n’est pas comme ceux qui y vont en comptant sur leurs parents pour leur envoyer de l’argent. Dans ma situation actuelle, je n’ai pas peur parce que la plupart de mes dépenses sont prises en charge par mon club. Pour ceux qui veulent aller aux USA et qui pratiquent le sport, je pense que s’ils ont la volonté, c’est un véritable atout dont il faut profiter.

Que comptez-vous faire pour le basket de votre pays le Burkina ?

Grâce à Dieu, je suis allé aux USA et j’ai la possibilité d’aider la Fédération burkinabè de basket-ball (FE.B.BA) dans l’organisation du championnat. La NBA et mon club m’ont offert du matériel dont la FE.B.BA ne dispose pas. Mais le problème, c’est qu’au Burkina, il existe des pratiques peu orthodoxes. Avant que je ne parte, il y avait dans la fédération des coups bas çà et là. Je trouve qu’il est temps que ces choses s’arrêtent et qu’on se donne la main pour développer le basket au Burkina. Personnellement je peux donner du matériel à chaque saison à la fédération, mais il faut d’abord que j’en discute avec les dirigeants. Je vais discuter avec Henry Mensah qui est de la FE.B.BA. Je demande seulement la cohésion, l’entente et la bonne gestion avant d’apporter ma contribution. Mais comme le dit un proverbe : "Si on te frotte le dos, frotte-toi le visage", il faut qu’ils se battent aussi de leur côté.

Pour finir, j’encourage les jeunes à jouer au basket. Et je demande aux dirigeants d’oeuvrer au développement du basket au Burkina.
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MessageSujet: Re: 1er basketeur burkinabè au USA   Mar 29 Aoû - 10:43

Merci pour l'article Junior, il me plait vraiment.
Comme tout le monde, je trouve que le sport burkinabè et africain dans sa globalité n'est pas très développé, donc ca fait plaisir de voir certaines personnes emmergés du lot. Ce que j'apprécie chez Franck c'est ca determination et je pense que beacoup devrait prendre exemple sur lui.
Il serait injuste de demander aux dirigeants de nos pays de se consacrer un peu plus au soprt tant il y a de choses plus importantes à traiter avant tout. Je pense qu'il serait plus judicieux de demander aux pays développés de prendre les pays africains plus en considération comme l'a fait la NBA et permettre ainsi aux athlètes africains de s'exprimer.
En tout cas, félicitation et bonne continuation à Franck Traoré cheers

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